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Contactez-nous La raysa Tabaamrant et les cheikhates du Moyen-Atlas, en spectacle à Paris Une palette d'artistes amazigh, dont la Raysa Fatima Tabaamrant et les Cheikhate du Moyen Atlas se produiront du 27 novembre au 5 décembre au musée du Quai Branly à Paris, dans le cadre du spectacle "Izlan". Spécialement créé pour le musée du Quai Branly, "Izlan" se veut un hommage au grand patrimoine poétique et musical amazigh marocain, avec une programmation riche et variée de chants, poésies et danses, ainsi qu'une série de conférences dédiées à la culture et à l'art amazighs. Ces derniers, qu'ils soient chantés ou scandés, restent inséparables des rituels et danses. Les organisateurs proposent, par ailleurs, une série de conférences sur les thèmes de la "langue et culture amazighes au Maroc", qui sera donnée par M.

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L'histoire en témoigne dans des sociétés humaines qui n'ont en commun que d'être organisées politiquement. Il n'est pas, en fait, de pouvoir qui ne mette en place des structures culturelles aussi peu élaborées soient-elles, qui ne se réclame d'une tradition culturelle nationale ou d'emprunt.

Les références culturelles historiquement fondées ou simplement mythiques, quelque forme qu'elles revêtent, quelque expression qu'elles perpétuent ou empruntent, demeurent toujours aussi puissantes que diffuses. Demeure aussi comme un invariant historique le fait que la culture dominante la culture du pouvoir est indissociable de l'écrit, diffusée presque exclusivement dans la langue officielle nécessairement prestigieuse. Écriture et variété linguistique prestigieuse, deux traits qui négativement définissent Poralité foncièrement massive vs élistite et fondamentalement diffuse vs canalisée.

L'oralité est vernaculaire et périphérique. L'on comprend alors que dans ce domaine l'engagement quelle qu'en soit la forme, l'acte et le discours sous toutes leurs manifestations, ne manquent pas de donner lieu à d'irréductibles malentendus et d'inévitables procès d'intention qui ne tardent jamais à soulever les questions des fondements mêmes de l'engagement, de l'opportunité du discours, de la légitimité de l'acte.

Akouaou L'on comprend aussi pourquoi encore aujourd'hui le discours sur la culture orale s'encombre de tant de préjugés dans un pays comme le Maroc où le nivellement culturel n'a pas abouti, en dépit de son irréversibilité, à cet effritement caractéristique des communautés à tradition orale naturellement spécifiques et culturelle- ment dominées.

C'est, pour un brin de rhétorique, le choc des balbutiements des discours dominés. Cette marginalité subversive a pour corollaire les résistances, les blocages, l'inertie auxquels se heurte tout engagement dans ce domaine de la culture orale berbère qui ne sauraient s'expliquer que par nos rapports, nous, Marocains, à l'histoire et plus particulièrement à travers l'histoire, par les rapports de l'élément berbère au pouvoir jamais durablement, explicitement, antagoniques mais toujours conflictuels sous des formes que les historiens n'ont pas encore vraiment circonscrites, clairement exprimées.

Un seul enseignement semble avoir été retenu de cette histoire : même s'il n'y était assigné à l'élément berbère qu'un rôle de figurant ou d'acteur exceptionnel, l'engagement culturel demeure indissociable de l'engagement politique. L'élément berbère trop marqué culturellement serait toujours porteur d'un projet politique. La légitimité du pouvoir serait de cette façon constamment menacée. Cet enseignement doit, à notre sens, être réexaminé.

Reproduit comme il est, il ne peut fonctionner que comme un postulat idéologique, un absolu politique, entretenu par l'idée toujours tenace qui associe jusqu'à la confusion spécificité culturelle et appartenance de classe et, dans des situations historiques déterminées, ethnie et classe. A vouloir approcher les situations les plus diverses et les moins communes on évaluera aisément l'intérêt méthodologique en même temps que la dimension politique de telles interrogations.

En nous limitant à la littérature orale berbère et plus particulièrement à ce que nous considérons comme une forme poétique spécifique d'un groupe berbère déterminé, apparaît encore plus clairement leur pertinence. La question se révêle bien complexe.

De quelque manière qu'on les évalue, ces tensions fondent la réalité même de cette culture, manifestées principalement à travers la vitalité de cette composante que nous appelons littérature, traduites plus particulièrement par l'actualité de cette partie de la littérature que nous définissons comme poésie. Laoust, ? Peyron, De telles visées ne doivent pas irriter. Informant de leurs résultats une idéologie précise, elles affichent un point de vue que nous n'avons plus à juger aujourd'hui.

En tout cas, elles signifient un fait : le dynamisme de la poésie berbère, son actualité et son actualisation. En cela, elles servent de contrepoids à l'idée d'une sclérose de cette poésie, réduite à ce qu'on considère être l'essentiel, à une somme d'archaïsmes et donc à un objet de musée A. Basset, En réalité, la dualité vitalité-sclérose modernité-tradition, production- reproduction, conservatisme-novation n'a jamais été approchée qu'à partir d'un point de vue idéologique et scientifique donc encore idéologique marqué.

Pensée indigente, poésie primitive, archaïque, il y a de quoi faire le bonheur des com- paratistes, donner lieu aux projections académiques les plus libres. La poésie berbère relevant d'une tradition à rythme long Zumthor, ne peut, en fait, que comporter des éléments hautement codifiés dans certaines de ses structures et certains de ses types. Qu'est-ce que, du reste, que cette notion d'archaïsme que semblent définir des éléments d'ordres différents qui, pour ne pas être toujours récrées, entrent dans des compositions toujours nouvelles, réinvestis dans des performances où les jeux du réitérable et de l'inédit répondent aux choix de l'interprétation en même temps qu'aux exigences de la réception.

Le savoir- faire et le savoir-être, la compétence et la performance, la vigilance de l'écoute et la recherche de l'attente s'articulent dans un procès unique. Akouaou tité normative n'est jamais référence commune. Les formes pourraient-elles être figées au point de ne pouvoir s'ouvrir à de nouveaux contenus?

L'histoire et les bouleversements qu'elle apporte couleraient-ils indéfiniment dans des formes à jamais établies? Les vues d'H. Basset , patrimoine collectif partout reçu dans le groupe et massivement intériorisé en vertu d'une transmission d'autant plus continue que soumise à des règles strictes. La première serait prête à s'approprier l'événement et à en subir jusque dans ses formes les excitations et les contraintes.

La participation au discours idéologique dominant implique par exemple servitudes thématiques et contraintes intertextuelles. Le deuxième type de poésie continuerait à jouer une fonction purement rituelle, strictement transactionnelle dans des situations sociales éminemment culturelles.

Il serait pour cela même, à tous points de vue, conservateur, au moins, plus stable que le premier type. Le paradoxe relevé chez H. Basset traduit, en réalité, une dialectique qui se joue à des niveaux de production et de réception parfois si profonds, à un niveau de latence et de complicité tel que le chercheur peu ou mal équipé glisse presque imperceptiblement de la description à l'interprétation, de l'interprétation à la description.

Les orientations d'une formation, les instruments d'une méthodologie, les hypothèses de départ, les objectifs même avoués ou inavoués de la recherche sont autant de facteurs qui, de l'extérieur, viennent perturber la tâche.

Deux thèses semblent ainsi se dessiner, celle d'une originalité banale au sens de primaire et celle d'une originalité entamée au sens de compromise. Diachronie et synchronie, conservatisme et évolution, voilà ce que les chercheurs considèrent comme deux mouvements séparés en même temps que deux aspects distincts de cette poésie que seuls expliquent le mépris folkloriste des uns et la nostalgie sympathique des autres.

Il s'agit bien de deux aspects contradictoires d'une même réa- Poésie orale berbère I 73 lité, de deux forces antagoniques agissant au sein d'un processus unique.

Une telle conception des faits semble aujourd'hui se préciser Galand-Pernet, ; mais on peut lui reprocher de privilégier le contenu ou de ne reposer que sur lui Ama- rir Omar, , Lakhsassi et Brown, ; cette attitude ne nous paraît que peu fondée; elle repose, nous semble-t-il, sur deux intuitions : relation organique entre certaines formes et certains thèmes, rigidité formelle et liberté thématique. Sans être fausses, ces deux intuitions telles qu'elles sont exprimées nous lient encore à deux pôles, l'un de la reproduction, l'autre de l'évolution.

Reproduction et évolution thématiques conduisent presque inévitablement le chercheur à considérer le rôle social que jouent dans le groupe les formes poétiques. Mais là, l'on doit dissocier pour les distinguer — c'est là notre second reproche — les deux attitudes du chercheur et des acteurs sociaux. Le chercheur se contente généralement de rappeler cette fonction universellement extériorisatrice de la poésie.

Du côté de la pratique culturelle, les faits sont naturellement plus complexes. Normes de composition, règles d'interprétation, rites de transmission sont garantis par deux principes apparemment dans leur nature même contradictoires : les privilèges asservissants de la caution et les interventions libératrices de la censure. Il n'y a, en réalité, de fonction que définie par le groupe. Tout est dit dans ce bref commentaire : le désir de continuer une tradition et de libérer l'expression.

Parole menacée, immunité perdue. La poésie ne peut plus jouer sa fonction traditionnelle : combattre, refuser toutes les formes de dégradation morale ou de coercition politique. Ce jugement orienté est bien excessif. Il est loin d'être folklorisé. Considéré du point de vue formel, le genre ahlfal pluriel : ihlliln présente bien une structure poétique reconnaissable à un certain nombre de marques aisément localisables. D'un point de vue strictement thématique, on serait d'abord tenté de parler d'un éclatement thématique.

Le genre serait à vocation religieuse Taïfi, Hypothèse que nous jugeons fausse, induite sûrement par les formules d'invocation qui impérativement ouvrent le poème et celles de soumission qui le ferment. Dieu est maître de la parole, il en détient les clefs, Dieu est maître du monde. Devant Dieu, l'Éternel, tout est contingence. Akouaou variantes et dans le domaine de la production poétique dans les genres aussi éloignés que taqsit du sud-ouest marocain et ahltel du Moyen Atlas sous des formes parfois si apparentées que les deux genres peuvent être, pour un observateur non averti, confondus.

Forme, thèmes, fonction, voilà des critères qui, pour une première approche, définissent le genre. Mais ils ne peuvent le faire que sur un corpus aussi large que possible recueilli sur la double base du volume et de la géographie pour permettre, en plus de la perspective synchronique, la dimension contrastive et historique.

Aspects formels, contenus thématiques, comportements sociaux peuvent donner lieu à un nombre plus ou moins limité de critères définitoires du genre. Dans le cas de ihlliln, récurrences formelles et agencement des marques, tensions sociales et actualité des thèmes sont les indices d'une vitalité soutenue du genre, la preuve incontestable d'un investissement social très fort. Les lois de composition et d'exécution n'empêchent pas le développement des thèmes les plus divers et les plus actuels : la Marche verte, les élections communales et parlementaires, le différend qui oppose l'Algérie et le Maroc, l'effet perturbateur des appareils d'enregistrement, le conflit des générations, le conflit linguistique arabe-berbère, l'émigration, etc.

Propagandiste attitré, écouté, porte-parole du groupe, le poète continue à jouir d'une réputation à laquelle ne peut prétendre le chanteur à! L'on peut aussi penser à interroger la taxinomie locale mais l'on sait avec quelle circonspection il faut le faire Dan Ben Amos, Elle peut être, en fait, utile, mettant à l'abri des rapprochements et classifications ethnocentriques mais en même temps se révéler dangereuse et, sans doute, encore plus qu'ailleurs en situation dialectale, en raison de son usure, c'est le cas par exemple de urarn sg.

C'est le cas par exemple de tiyffar ou tiyffarin sg. Cette situation est confirmée par le fait que partout les formes que ces termes désignent s'opposent à travers les mêmes jugements, à izlan izli et à timawayin tamawayt - Imayt.

Par ailleurs, on doit se garder d'accepter pour quelque souci de vérité ou scrupule d'objectivité, les etymologies proposées par le groupe pour une discrimination des genres, tout en évitant que l'appréciation de l'information — quelle que soit sa complexité ou sa singularité — ne tourne à un simple jugement de valeur Mouberka, Les hypothèses auxquelles l'analyse grammaticale peut donner lieu, doivent être bien étayées.

Les spéculations sous couvert de l'autorité de la langue ne sauraient à elles seules traduire la réalité des faits. Elles trahissent souvent quelque jugement de valeur ou tentent de dissimuler quelque ignorance. Lefébure se demandait par exemple quel rapport de sens pouvait relier le pluriel timmadin au singulier tamnatt.

La question ne s'explique que par la brièveté du parcours qui fait l'économie Poésie orale berbère I 75 de bien des étapes : une analyse lexicale du mot dans la variété linguistique locale et dans d'autres variétés berbères pour des recoupements toujours possibles, une étude des occurrences du mot dans le genre même les exemples foisonnent , une délimitation de cet aspect du genre règles internes, métriques, rythmiques, etc.

Il est vrai que dans certains cas, on ne peut que spéculer mais avec la prudence qu'exige ce va-et-vient de la dénomination vernaculaire à la réalité des faits, de la langue au genre, le rapport entre les deux pouvant être partiel, effacé ou encore lâche. Explicitation et distorsion sont les deux rapports caratéristiques des formes orales et de leurs dénominations où diachronie et synchronie prennent place et peuvent interférer.

Zafrani, Serait-il pour cette étymologie un genre sacré? La question est de taille. Le genre aurait-il évolué du sacré au profane? Cette hypothèse n'est pas à exclure mais ne reposant que sur cette étymologie apparemment transparente, elle reste fragile à peine confortée aujourd'hui par les formules d'ouverture et de clôture, le prologue et l'épilogue de J. Drouin Ici toute forme de lyrisme est parodie.

Discours subversif de refus et discours dominant d'intégration se juxtaposent, s'imbriquent, se lient et se délient libérant les tensions et les contradictions qui font l'histoire du groupe, tribut d'une participation imposée ou assumée au destin national, à la vie moderne.

L'évolution des formes poétiques orales — nous le savons par d'autres traditions — peut aller jusqu'à la dissolution des différences que la réduction ou l'effacement du lexique ne peut plus maintenir Zumthor, Mais le lexique peut également maintenir des constituants en variation libre : deux, parfois trois termes continuent à fonctionner librement pour désigner en synchronie ce qui est perçu comme constituant une forme spécifique, sans qu'il soit possible d'en tirer de conclusion diachronique.

Le premier cas peut être illustré par urarn sg. Cela ne peut avoir qu'un sens profond. Lefébure, Tous deux désignent dans une aire culturellement homogène les mêmes formes poétiques alors que les noms des poètes-interprètes : imdyazsn et inssaddn ou imhlldln ne semblent, du moins pas partout, indiquer le même statut social. En tout cas, les dénominations locales mêmes obscures et peu exploitables gardent une certaine motivation toujours à rechercher et ne sont pas étrangères au statut des formes poétiques : survivances ici, reliques là Zumthor,

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